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De collègue à manager
Superviser l’équipe dont on était l’un.e des membres : Yoann et Audrey racontent leur grand saut dans le management.
Avant d’endosser le rôle de manager d’équipe, ils en ont d’abord été un.e membre expert.e du métier qu’ils supervisent désormais. La trajectoire d’Audrey (Caloi) et de Yoann (Jourdan), chez WiiSmile, illustrent l’évolution à priori “naturelle” vers le management : celle où la maîtrise technique et la connaissance de ses collègues dopent la légitimité et la confiance.
Selon une étude récente du cabinet Robert Walters*, seuls 2 jeunes actifs sur 10 souhaitent devenir managers. Ce chiffre illustre une tendance de fond : le phénomène de conscious unbossing, ou le refus d’endosser des responsabilités hiérarchiques, une mission souvent réduite à l’inconfort auquel son exigence l’expose (charge mentale, pression des résultats, position à cheval entre la direction et les équipes, etc.), sans jamais mettre en évidence les motifs de satisfaction qu’elle procure.
Il y a pourtant dans le management un défi grisant : celui d’accompagner ses collègues dans une prise de responsabilité, et une montée en autonomie, tout en servant les intérêts de l’entreprise. Soit l’art et la manière d’épanouir l’individu et de faire grandir le collectif.
Alors si le rôle peut a priori impressionner, il s’apprend d’autant mieux quand on a les qualités humaines – l’écoute au-dessus de toute autre – pour l’endosser, avec l’envie de bien faire : c’est le cas d’Audrey Caloi et de Yoann Jourdan, deux wiismiliens expérimentés qui ont chacun.e franchi le cap en saisissant l’opportunité de prendre le management de l’équipe à laquelle ils appartenaient.
Une évolution naturelle plus qu’une ambition personnelle
Pour Audrey comme pour Yoann, devenir manager n’avait rien de l’aboutissement d’un plan de carrière anticipé de longue date. « On a saisi une opportunité, en ayant tous les deux la chance de parfaitement connaître les métiers qu’on aurait à manager pour les avoir exercés ces dernières années : ça ne fait pas tout, certes, mais ça permet d’attaquer en étant en confiance », souligne Audrey.
A 39 ans, Audrey vient en effet d’accepter de prendre la responsabilité de l’équipe Voyages (13 personnes) chez WiiSmile, après 10 années comme conseillère parmi ses collègues dont elle connait le métier sur le bout des doigts. Sa motivation ? Son envie de continuer à apprendre. « Manager, c’était l’opportunité de découvrir autre chose et de mettre mon expérience au profit de l’équipe. »
Même évolution naturelle pour Yoann, bientôt 40 ans, devenu manager au sein de l’équipe relation client, plus de 10 ans après l’avoir intégrée comme conseiller pour les dirigeants de TPE/PME. « Les collègues venaient déjà me voir pour résoudre des problématiques, et petit à petit j’ai pris des missions plus larges sur des sujets transverses », explique-t-il. Dans les deux cas, le management n’est pas apparu comme une rupture, mais plutôt comme la continuité d’un rôle déjà amorcé.
Le vrai moteur : soutenir l’équipe
Quand on demande à ces nouveaux managers ce qui donne du sens à leur rôle, la réponse est sans ambiguïté : « le soutien ». Audrey le voit dans les moments de tension du quotidien. « Quand j’arrive à trouver une solution pour soulager les filles, c’est aussi rassurant pour elles que c’est satisfaisant pour moi. » Même conviction pour Yoann, qui identifie ce besoin très concret d’aider son équipe. « Je pense que ce que les collègues attendent avant tout, c’est de la reconnaissance et du soutien dans l’exercice de missions – on travaille sur du contact humain – qui demandent de prendre du recul sur des situations », insiste-t-il. Dans cette vision, le manager n’est pas celui qui contrôle ou qui surveille, il est là pour dénouer et encourager l’équipe.
Quand l’équipe pousse à devenir manager…
Un autre élément ressort fortement de ces deux expériences d’évolution : le rôle du collectif. Ni Audrey ni Yoann ne se sont lancés seuls pour se positionner sur le poste qui s’ouvrait. Dans les deux cas, la “motivation” de l’équipe a été décisive.
Audrey évoque un soutien immédiat : « Les filles étaient vraiment derrière moi depuis le début, elles m’ont poussée, c’est aussi ça qui m’a fait passer le cap. » Scénario identique pour Yoann, vivement encouragé par ses collègues. « Quand le départ de notre précédente manager a été annoncé, la première réaction de l’équipe a été : ‘donc c’est Yoann qui prend le relais ?’ », sourit-il. Cette légitimité collective change profondément la posture du manager. Il n’est plus seulement validé par la hiérarchie, il est reconnu par l’équipe.
La légitimité d’avoir exercé le métier supervisé
Quand on leur montre l’étude citée précédemment, Audrey et Yoann reconnaissent que leur nouvelle fonction apporte son lot de questionnements et de sueurs froides. « En tant que manager, on se doit d’être performant.e, de soutenir les équipes et de trouver des compromis au cas par cas, sans jamais déroger aux intérêts du collectif : c’est à la fois exigeant et stimulant », reconnaissent-ils.
Mais l’une des grandes forces de nos deux néo-managers est de parfaitement connaitre le métier des équipes qu’ils accompagnent. Pour Yoann, c’était même une condition essentielle : « Sans ce pré-requis, je n’y serai pas allé : avoir cette connaissance me permet d’aider les collègues et de défendre la réalité du métier dans les décisions de l’entreprise. »
Et si le problème n’était pas le management… mais la façon de le pratiquer ?
Selon la même étude, c’est moins le management que les jeunes générations remettent en question que sa vision parfois éloignée du terrain ou trop axée sur le contrôle. Les parcours d’Audrey et de Yoann racontent une autre manière d’endosser ce rôle : un management qui naît de l’expérience du métier, qui se construit dans la confiance avec l’équipe et qui se mesure à sa capacité à soutenir et faire progresser les autres.
*(source : ttps://www.robertwalters.fr/eclairages/news/blog/conscious-unbossing-2025.html)